Eolia an 635 AUC (convertir une date)

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Version (ID) : 4683
Date : Nevea an 180 AUC
Titre : Description de la cité

Contenu :




Les quartiers de Lazul selon Silex Barnabas/Qwertz, écrivain prolifique, citoyen de Lazul en l'an 162 pendant quelques kipo années avant de reprendre la route...


" ....un quartier, à Lazul, où les ruelles sont si étroites et si imbriquées les unes débouchant dans les autres, qu’on l’appelle le Labyrinthe. Il jouxte un autre quartier dominé par une haute construction en bois, le quartier de la Tour. Ces deux quartiers sont peu connus en dehors de Lazul ; ils sont essentiellement habités par les jeunes colons qui ne peuvent encore pas se payer un mas de pierres dans les beaux espaces qui dominent légèrement les marais. Ils s’installent là, les uns sur les autres, se levant chaque matin pour aller faire le pied de grue sur la place devant le bâtiment de l’Agence territoriale pour l’Emploi.

Le Labyrinthe est construit sans plan directeur, sans consultation auprès des urbanistes édiliques, sans grosse motivation architecturale. Les ruelles se tordent en venelles sales, marquées en leur centre par un caniveau huileux où dort une eau de lessive moussue. De petites portes mènent à des chambrettes de bois, des cuisines branlantes et des balcons dangereux. Des arrière-cours polygonales sont créées par l’absence de parties habitables ; elles prennent les formes les plus spectaculaires et voient croître en leur sein des potagers individuels, des carrés de médiplantes sauvages, des sillons de blé urbain ou de seigle citadin. On y vit à la journée, abandonnant ici une table, ici quelque poterie ébréchée. Véritable bric-à-brac, le Labyrinthe peut faire peur : la peur tout d’abord de ne pas trouver la sortie, du fait de la complexité jamais dessinée du nœud de ruelles sans nom. Ensuite, il peut être effrayant de se trouver nez à nez avec une vieille bonne femme, au fichu de travers, au tablier maculé, lazuléenne de naissance et n’ayant jamais été plus loin que la place du marché. Le personnage, haut en couleurs, s’exprime avec l’accent joyeux de l’ouest, laissant sa bouche prononcer les mots particuliers du vocabulaire local. Qui connaît la véritable définition de «kapillion» ? (C’est un instrument qui permet de retirer la boue des marais d’autour les plants de papyrus.) La figure rougeaude de la matrone peut donc surprendre.

Le Labyrinthe recèle également, outre ses collections de gueux et sa galerie d’étudiants, quelques échoppes particulières, barbiers, arracheurs de dents, peintres portraitistes, coiffeurs pour dames, cafés, fumoirs et autres marchands de tapis. On y vient pour se faire un costume pour un prix défiant la concurrence, on y trouve des sabliers en verre de Gâalen, des chapeaux extraordinaires en poils de marcassin, des chausses de cuir à lacets, des sacoches en peau de licorne, des lunettes astronomiques en métal doré, les outils les plus divers : poivriers, maillets, râpes à fromage, couteaux de boucher, tamis à grains et autres grillages au mètre. Ici, c’est un facteur de brouettes qui installera un nouveau système de roulement sur l’axe unique de l’engin de course ; là, une couturière raccourcira la jupe d’une jeune nubile en quête du prince charmant. Une foule d’artisans fourmille dans le Labyrinthe, quartier finalement sympathique si on prend le temps, et le courage, de s’y perdre.

Passant un pont sur un bras mort d’un affluent du Calcit, on arrive, sans avoir besoin de repasser par le centre ville, dans le quartier de la Tour qui doit son nom à la folie architecturale qui le domine : un haut bâtiment de six étages sur rez, entièrement en bois. Dans cette étrange maison se terrent des artistes de tous horizons : des dessinateurs caricaturistes, des sculpteurs de marbre, des tatoueurs de chevaux, des musiciens, des luthiers ou encore des décorateurs de façades. Ici, les rues sont plus larges et bordées de pavés. On y marche sur des trottoirs et la chaussée est libre pour l’accès des charrettes. Il n’y a pas de détritus à chaque coin des maisons et la population de la Tour, plus riche et mieux éduquée, est affable et respectueuse du touriste.

C’est dans le quartier de la Tour que l’on trouve la plupart des notaires, des scribes et des écrivains publics. On y trouve également plusieurs ateliers, ainsi des maçonneries et des brasseries, des boucheries et des alchimistes. La Tour est le lieu de vie des classes moyennes et les demeures sont pour la plus grande part, en pierre. Curiosité géologique, le quartier de la Tour est bâti sur une large dalle rocheuse plate, elle-même posée sur une nappe souterraine. Ce caillou, en forme d’os de seiche, pèse de toute sa masse, énorme, sur la bulle et se maintient en place, en équilibre.

Lazul développe encore deux autres quartiers, outre les périphéries résidentielles connues sous l’appellation de Faux-Bourgs : le Port (nous y reviendrons) et le Centre où se trouvent le château édilique, la place du marché, les bâtiments publics et les demeures des principaux personnages de la cité. Ainsi, par exemple, le juge Garion y possède le seul palais de bois, la plus grande demeure de la ville. Dans le Centre, on trouve les arcades bellement décorées des marchands de bijoux et les terrasses des restaurants de haute gastronomie ; de belles places ombragées par les parasols végétaux des palmiers forment un quartier fluide à travers lequel déambulent les touristes, ravis de s’offrir quelques mois de vacances au soleil avant de rejoindre les nuages bas de Koryndon ou les vents froids d’Eolis.

Le quartier du Port est essentiellement dédié au commerce. Lazul n’étant pas sur les principales voies marchandes, la capitainerie a dû s’efforcer de tirer parti de son éloignement géographique en proposant des places bon marché aux lougres de passage. Un peu à l’écart, une maison en ruine est toujours visitée : le bureau des douanes, délabré depuis qu’il n’a plus servi (si encore les douanes ont un jour prélevé des taxes). Symboles du libre commerce sans taxe, ces trois murs et demi sont cités en exemple dans toute la province comme la volonté d’une petite ville de faire venir le commerçant sans l’entraver dans des procédures compliquées et sans toucher à son porte-monnaie.

Avec ces quatre quartiers et ses faubourgs populaires, Lazul est une petite ville de 250 habitants comptant encore trop peu de touristes. Espérons que cet article saura motiver les indécis à venir faire un séjour chez nous."

Par Qwertz



Curiosité : Lors de votre découverte de Lazul, vous risquez d'être étonné en passant sur sa place centrale. Une statue s'y dresse, offerte par Sirius Waver, en "l'honneur" de Criciri69... Certes, elle n'est pas du meilleure goût ni de la meilleure facture. Mais elle existe... A voir donc. pour plus d'info,voyez ici